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Filles et jeux vidéo
Écrit par Jibé   
Mardi, 16 Juin 2009 22:31

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Les Filles n’aiment pas les jeux vidéo c’est bien connu. Ça rend con, ça prend du temps, c’est nul et inintéressant.

 

 


Ce genre de lapalissade est pourtant des plus erronées car les filles ont toujours joué, et surtout jouent de plus en plus. Comment des jeux de garçons ont-ils réussi à séduire nos compagnes ? Avant de comprendre ce phénomène, intéressons d’abord à la genèse même des premières filles dans le monde vidéoludique : Les héroïnes pixellisées. Il était une fois…


 

 

Les Potiches


«  Aaaaaah !! Au secours ! Je me suis (encore) faite enlever par le méchant monstre du château lugubre !!! Ô toi mon fidèle héros, corvéable à souhait, viens me sauver et tu auras droit à une récompense ». Voilà ce que disaient en substance il n’y a pas si longtemps que ça, les quelques princesses qui dans un excès de naïveté, se laissaient kidnapper par un ignoble personnage qui n’a pas de leitmotiv dans ce rapt, sinon que d’ennuyer le monde. Mine de rien, c’est bien par ce biais que fut représentée pour la première fois la gent féminine dans le jeu vidéo.

 

 

 

Il faut cependant reconnaître ( et ça fera plaisir à Isabelle Alonso), que les filles tenaient là un rôle aussi minimaliste que possible à savoir le sexe faible.

 



Image alternative: On a pensé à la mettre au début, puis...


Pourquoi ? Déjà, les concepteurs des premiers jeux, étaient à grande majorité des informaticiens. Le type souris de laboratoire, qui travaillaient pour IBM, Microsoft ou Apple. Et en grossissant le trait disons que c’était le genre de tue l’amour qui se raccroche à des rêves souvent illusoires. N’oublions pas non plus qu’avant la période 8 bits, il était difficile de faire des graphismes détaillés. Aussi les premiers jeux avaient un gameplay très simple ( Pong, Space Invaders, Pac Man). Ce n’est que quelques temps plus tard que l’on décidera avec l’évolution technologique de donner un semblant de scénario. Et comme les jeux vidéo sont principalement destinés aux enfants, les programmeurs vont donc se baser sur ce qui fait les fait rêver : Les contes.


Et si on reprend les standards de ces écrits, on retrouvera régulièrement la frêle Princesse, prête à se faire sauver par de jeunes hommes tout en testostérone. Il est donc logique que les créateurs de jeux, s’inspirent de cette base connue et éprouvée car c’est dans les vieux pots que l’on fait la meilleure soupe, on ne change pas une équipe qui gagne, un tiens vaut mieux que deux … hem , nous nous sommes compris.

Peach is a bitch?

 

C’est vrai qu’en y réfléchissant, j’en ai sauvé des filles dans ma prime jeunesse. Dans ce domaine, les plus célèbres potiches viennent de chez Nintendo, à commencer par le jeu Donkey Kong, qui nous rejouait le fantasme de la jolie minette juchée en haut d’une bâtisse défendue par un puissant gorille. L’analogie est déjà forte au cinéma, que dire dans un jeu vidéo…

Puis sont arrivées rapidement les « héroïnes » Nintendo comme la Pincesse Peach qui est pour l’instant la championne toute catégorie de l’enlèvement, suivie de très près par Zelda, Princesse très convoitée par le preux Link qui n’arrivera jamais à ses fins avec elle.

 

 

 

 

Au panthéon des jeunes demoiselles kidnappées, on retrouve aussi l’ineffable Prinprin, compagne d’Arthur dans la série des Ghosts & Goblins. Allez rapidement on peut citer pelle-mêle : La copine de Tomtom dans Wonder Boy, la copine d’Alex Kidd, Minnie dans Mickey, et que sais-je encore.

Les premiers jeux ne sont décidément pas tendre avec les filles, car leurs rôles consistent tout simplement à satisfaire de jeunes loups en mal d’amour. Cependant, tout change…





L'émancipation


Des Princesses, on en a mangé à toutes les sauces ( sauf les héros virtuels les pauvres). Un changement était donc plus que nécessaire, surtout que de nouveaux types de jeux voient le jour. C’est ainsi qu’au début des années 90, naissent les premières héroïnes. Finalement, les programmeurs se disent qu’une fille n’est pas si stupide que ça, qu’elle peut faire quelque chose de ses mains, et que comme le dit si bien Louis Aragon «  La femme est l’avenir de l’homme ».


Mais alors ,qu’est ce qu’on peut leur donner à sauver ? Des Princes ? Non, trop Jeanne D’arc et et le Dauphin qui deviendra Charles VII. Des Princesses ? Ah non ! Trop ambiguë, bien que je connaisse bien des esprits étranges à qui ça pourrait plaire. Bon alors il nous reste quoi sous le coude ? Et bien l’univers, et puis c’est si gentiment demandé qu’on ne pourra pas leur refuser. En effet, l’Univers reposait souvent sur les épaules graciles des héroïnes, celles-ci étant souvent des guerrières équipées de pouvoirs magiques, d’épées et généralement vêtues de jupes et autres vêtements saillants. Vaillantes oui, mais féminines non mais ! Une des plus célèbres restera Yuko de la passionnante série Valis initiée sur l’ordinateur MSX, puis sur PC Engine. Le jeu de plate-forme action féminin prenait son envol.



Valis II


Nombreuses ont été les clones dans ce genre avec Annette dans El Viento puis Annette Again, ou Yoko dans les Manono Hunter Yoko tirés de la série d’OAV. Un exemple cependant fait tâche, c’est Samus Aran dans Metroid. C’est bien une femme à l’écran, mais dans une armure cybernétique, donc autant dire qu’il est difficile de s’en apercevoir. Et quand on sait que c’est Nintendo le créateur de Metroid, on comprend mieux le pourquoi du comment. On invente pas de la potiche pour faire une héroïne par la suite : logique.

 

Mais cet essor féminin dans le jeu va faire boule de neige, et les filles vont prendre une place de premier ordre grâce à un genre de jeu qui connaît un succès retentissant : Le jeu de combat ! Etonnant non ?



Les filles jouent dans la cour des garçons

Début 90, sort le jeu d’arcade le plus distribué à travers le globe : Street Fighter 2, jeu de combat sans pitié qui voit s’affronter quelques 12 combattants. Enfin, plutôt 11 car un combattant est une combattante, Chun Li la ravissante de chinoise. Cette fois les tabous tombent. Pour la première fois dans un jeu vidéo, une fille peut affronter des hommes pour remporter un tournois de combat. Le choc est énorme, car nos sociétés n’ont pas pour coutumes de voir des combats mixtes, et le simple fait de frapper une femme est plus qu’insupportable. On rappelle le soucis de la localisation de Final Fight aux USA, dans lequel on devait frapper des punkettes. Capcom Japon, a donc fait un communiqué comme quoi les donzelles Poison et Roxy, sont en fait des travestis...


Et pourtant de mémoire de joueur, j’ai rarement vu autant de passion pour un personnage. Chun-Li séduit les garçons par ses formes et son agilité, les filles elles, se sentent enfin dignement représentées. La folie Chun-Li va vite faire des émules puisqu’une deuxième égérie arrive via un autre jeu de combat : Fatal Fury 2. Là encore une chinoise cette fois plus sexy du nom de Mai Shiranui. L’intérêt pour ces personnages, était plus que réel tant des clans se formaient avec des Pros Chun-Li et des Pros Mai Shiranui. Alimentant les polémiques, de nombreux manga amateurs Chun-Li VS Mai apparaîtront. Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’elles ont connu la gloire dans des jeux à l’ambiance et au public totalement masculin.


Quatuor infernal : Sakura, Chun Li , Maï Shiranui et Yuri Sakazaki


 

Dès lors, les héroïnes apparaissent en nombre que ce soit en arcade ou sur console. C’est à qui créera la nouvelle muse des joueurs. Cette tendance va vraiment prendre son ampleur avec la génération des consoles 32 bits et la 3D. Les quidam sont de mieux en mieux modélisés, les programmeur s’amusent à leur donner des aspects de plus en plus humains afin qu’il y est un côté réaliste et surtout une identification. Les héroïnes n’échapperont pas à l’évolution, bien au contraire, puisqu’elles vont pouvoir gagner en volume et donc en charme.

 

 

 

Ainsi on les installe de plus en plus dans les jeux violents voire sordide comme Jill Valentine dans Resident Evil et , Aya Brea dans Parasite Eve. Il y a même eu Nagase Reiko, une superbe Pin Up, pour la série Ridge Racer.

 


Cependant le coup de génie ne revient pas aux japonais mais aux européens avec Lara Croft. Véritable phénomène de société avant de tomber en désuétude, la série des Tomb Raider devient culte grâce à son personnage ultra sexy. Les filles se laissent tenter par le jeu , et les hommes ne se lassent pas de jouer avec les caméras, pour admirer la plastique affolante de Lara. Aujourd'hui c'est la fête, il y a nombre de jeux avec des héroïnes, ou alors elles sont des guests très appréciées.


Mais à bien y réfléchir, toutes ces héroïnes sont elles vraiment destinées à un public féminin ? On peut se le demander, car plus les machines évoluent techniquement, mieux elles sont modélisées, plus elles sont sexy ( Qui à dit Dead Or Alive ?) et plus on les insères dans des jeux violents… Tout ça pour ça ? Les jeux vidéo restent uniquement un loisir pour mecs ?? Mais non, bien au contraire.



Où sont les femmes?


Ce n’est pas parce que les jeux vidéo sont majoritairement créés par des hommes, que les filles ne s’y intéressent pas. Souvenez-vous, remontez quelques années en arrière. Vous étiez à peine ado et pour noël vous receviez enfin la console de vos rêves que vous aviez chialé à vos chers parents, qui se sont bien vu obligés de vous accorder ce petit plaisir. Mais comme beaucoup, nous ne sommes pas enfant unique, et souvent il y a le petit frère ou la petite sœur. Et c’est de la petite sœur que je vais m’entretenir. Forcément elle est curieuse de voir bouger à l’écran des choses nouvelles, elle voit aussi qu’il y a une interaction entre la manette et ce qu’il se passe.


Et très souvent les jeunes filles s’essayent aux jeux assez tôt. D’abord par la plate-forme et son côté immédiat, mais aussi par des jeux plus complexes à patience nécessaire. Rares sont les petites qui aiment les jeux de combats, jugés trop violents. Par contre elles aiment les jeux de gestion comme la série des SIM, la réflexion avec Tetris et les jeux de rôle et ce à des âges peu avancés. On remarquera par la suite un complet désintérêt de ces dernières au moment de l’adolescence, préférant certainement la musique, la mode, les garçons, bref devenir une femme, tandis que le garçon reste dans sa période « dégénérescente » préférant passer des heures sur Pro Evolution Soccer, la seule évolution qu’il connaîtra d’ailleurs.


Lara Croft: Kleenex peut lui dire merci. Combien d'ados sous la couette en 1996...


 

C’est ainsi que de nombreux studios ont tenté de définir des jeux pour les filles, et ainsi les conserver comme clientes potentielles. Socialement parlant, on sait que les filles aiment le phénomène de groupe. Soirées Pyjama, sorties entre filles,  shopping avec mes meilleures amies, tout ça doit vous dire quelque chose. Il faut donc réussir à faire jouer les jeunes pubères mais ensemble à des concepts immédiats. Dance Dance Revolution arrive à point nommé. Le jeu de danse est tout ce qu’il y a de plus simple.

 

 

 

 

Un écran indique les pas à reproduire sur des musiques populaires de boite de nuit, et en plus c’est jouable à deux. De même les Bishi Bashi, les Wario Ware et autres Mario Party, ont été pensé pour le joueur occasionnel qui prendra instantanément du plaisir grâce à une suite de mini jeux peu complexes mais terriblement jouissifs.

Ce n’est que quelques années plus tard que les filles s’intéressent de nouveau aux jeux vidéo mais cette fois plus évolués. Les RPG ont la part belle, et les Final Fantasy attirent les joueuses ; elles sont de plus en plus nombreuses. Elles apprécient curieusement des jeux sur lesquels ont ne les aurait jamais imaginées comme les courses de voitures, et surtout les FPS. Lors de LAN ( Salle en réseaux) on en voit de plus en plus prêtes à damer le pion de ces messieurs, et souvent avec maestria. Sur des jeux comme World Of Warcraft, il n’est plus rare de rencontrer des femmes avec des niveaux d’expériences incroyables !


Ainsi les mœurs évoluent et de moins en moins le clivage joueurs / joueuses se fait sentir. A l’instar de sports comme la Boxe, le Football, le jeu vidéo est devenu une discipline parfaitement unisexe qui garde cependant un côté macho important. Mais à terme il est fort probable que nous autres les hommes, seront très heureux de partager de franches parties avec nos chères et tendres.

 



Car si le jeu vidéo avait longtemps ce côté destructeur de couple : «  Mon chéri tu ne fais que de la Playstation, tu n’es jamais avec moi !! » ( Lire ceci ), il pourrait devenir synonyme de complicité et de ciment dans l’harmonie du couple. La notion de partage et de gentille compétition sera alors décuplée. Et quand on regarde la Wii avec son concept de jeux super immédiats pour tout le monde, je me dis que Nintendo risque de sauver des couples ! Il y avait des réconciliations sur oreiller, y aura t-il des réconciliations sur canapé devant la télé ?

 

 

Jibé

Commentaires
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Stop aux clichés!
moonworld 2012-06-15 19:34:22

Pour information, je suis une fille et je joue aux jeux-vidéos depuis 1990. je
jouais d'ailleurs beaucoup avec ma mère et ma sœur dans les années 90 donc il
ne faut pas généraliser et réduire toutes les gameuses à des casual gameurs

Jibé [Ze Player] 2012-06-16 03:20:28

Je ne vois pas en quoi ce texte dont je suis l'auteur est sexiste et
généralise le fait que les filles sont des joueuses casual. Ma
petite soeur a 32 ans et est une joueuse émérite depuis des années.
Peut-être suis-je le déclencheur, mais qu'importe, elle bouffe les RPG et
les Plateformers depuis qu'elle a 12 ans.

A ce titre j'écrivais
dans ce papier :

Elles apprécient curieusement des jeux sur lesquels ont ne les aurait
jamais imaginées comme les courses de voitures, et surtout les FPS.
Lors de LAN ( Salle en réseaux) on en voit de plus en plus prêtes à
damer le pion de ces messieurs, et souvent avec maestria. Sur des jeux
comme World Of Warcraft, il n’est plus rare de rencontrer des femmes
avec des niveaux d’expériences incroyables !


Ainsi les mœurs
évoluent et de moins en moins le clivage joueurs / joueuses se fait
sentir. A l’instar de sports comme la Boxe, le Football, le jeu vidéo
est devenu une discipline parfaitement unisexe qui garde cependant un
côté macho important. Mais à terme il est fort probable que nous autres
les hommes, seront très heureux de partager de franches parties avec
nos chères et tendres.


Toute fille que tu es, tu vois bien que je ne suis en rien responsable
d'un clivage volontaire.  
On s'est mal compris
moonworld 2012-06-18 03:42:16

Je n'ai jamais dit que tu étais responsable de quoi que ce soit, juste qu'il ne
fallait pas généraliser. Certes, les filles se mettent de plus en plus aux
jeux-vidéos ces dernières années et ne se cantonnent pas qu'aux jeux casuals,
loin de là mais il y avait déjà des gameuses dans les années 80 et 90, il ne
faut pas croire, comme il y avait des geekettes et des otakettes! :b
Après, je
conçois tout à fait qu'elles étaient minoritaires parmi la gente féminine
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