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Il est ridicule de tenter de faire ne serait-ce qu'un ersatz de débat de fond sur le jeu vidéo. Le média ne s'y prête absolument pas. Que les francs penseurs et autres têtes mal dégrossies s'en retournent branler David Lynch ou Bret Easton Ellis, l'on ne veut pas de cela ici !
Comment un quelconque étudiant piteusement mouché peut s'imaginer parler avec palmes et lauriers d'un si beau loisir ? Réveillons-nous les enfants, ne les laissons pas faire !
Le jeu vidéo est au-dessus de toutes les questions artistiques. Si l'on évoque la musique ou les décors, l'histoire, c'est une affaire d'émotion, c'est tout. L'on ne peut disséquer l'émotion : cela reviendrait à la tuer. Passons encore sur la dimension sociologique : cela ne mange pas de pain. Mais l'on ne saurait faire une étude fine et analytique d'un quelconque autre aspect. Cela serait d'un ennui, et n'intéresserait personne, pas même ceux qui prétendent mener de tels travaux. Qu'Hegel aille donc se rhabiller, avec ses classifications et ses pensées ; l'on ne peut poser d'étiquettes sur un loisir. Amener une réflexivité sur quoi que ce soit qui amène de l'émotion, c'est le tuer. Il faut que ce soit les joueurs, et les joueurs seuls qui parlent des jeux vidéo, et non les universitaires, ou les chercheurs, qui ont prouvé à de nombreuses reprises leur incapacité en parler, sinon pour le stigmatiser, le pointer du doigt, le dénigrer et le considérer comme une œuvre satanique. À moins que... À moins que ces discours ne soient ceux de petits pisse-froids qui ne savent que déblatérer comme des ados attardés et ont peur, précisément, de ne plus être sur le devant de la scène si le débat s'élève. Qu'ils rejettent les véritables qui, parce qu'ils aiment réellement le jeu vidéo, veulent le faire progresser, y compris parmi le grand public. Qu'il n'est pas interdit d'être joueur et théoricien, et que l'on a déjà vu des peintres esthètes, des romanciers philosophes, des sculpteurs penseurs. Que les premiers à parler du jeu vidéo en tant qu'art sont les mêmes à renier, précisément, cette théorisation de ses pratiques et de ses codes, voulant l'argent sans le travail qui le mérite. Et qu'un peu de théorie, raisonnée et fondée, n'a jamais fait de mal, si ce n'est à la bêtise, comme le chantait Pierre Boulez : « Les êtes les plus imaginatifs ont le sens de la théorie, parce qu'ils n'ont pas peur qu'elle bride leur imagination, au contraire. Mais les faibles redoutent la théorie et toute espèce de risque, comme les courants d'air. »
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